Mon dernier Conseil d’école Coopératif

L’autonomie, la participation, la collaboration… une liberté, le pouvoir d’agir sur le courant des choses, mais une responsabilité en plus…

Tous les enseignants le savent : plus on donne de l’autonomie aux élèves, plus on cherche à les responsabiliser, à les transformer en acteurs de leurs propres apprentissages, et plus la tâche du maître s’alourdit ! Plus on libère les élèves et plus on doit organiser la classe. Un paradoxe apparent dont il vaut mieux avoir conscience si on ne veut pas installer le désordre !

Ce qui est vrai pour la classe (Freinet, Oury) est vrai pour notre conseil d’école participatif et donc pour le directeur de l’école...

Un observateur (non averti) de l’un de nos conseils pourrait se dire que le Directeur a trouvé là, le moyen de faire faire par les autres, un travail qui, selon je ne sais quel règlement implicitement admis, lui serait réservé !

Que nenni : un conseil participatif[1] demande bien plus de travail de préparation au directeur qu’un conseil classique où il monopolise la parole en traitant de tous les sujets. 

Il doit d’abord partager toute l’année l’information, pour faire sortir l’enseignant de sa classe et développer un paradigme collaboratif …

Tout ceci vise donc le glissement professionnel de chacun des enseignants, d’une posture individuelle classo-centrée à une posture collaborative et collective : « Mon espace de travail, c’est d’abord la classe, mais c’est aussi l’école, parce que je n’y suis pas seul  et que mon action impacte celle de l’autre, des autres … »

Partager l’information en amont, c’est un travail : Gazette, BLOG, veille sur le WEB et la messagerie électronique, …

Partager l’information, c’est aussi accepter de perdre un peu de son pouvoir (un pouvoir illusoire).

La préparation d’un tel conseil est bien plus exigeant : il s’agira de donner à chacun les moyens de traiter efficacement du sujet choisi, car l’image personnelle des intervenants est en jeu, l’image de l’école aussi…

C’est aussi un travail supplémentaire pour les enseignants : si le partage de l’information demande du travail, la réception de l’information demande des efforts : effort de lire, de retenir, de noter dans son agenda…

Efforts partagés !

Mais à la clé ? Des conseils plus vivants, une image d’équipe donnée aux partenaires, une appropriation par chacun des grands enjeux de l’école…

Bref, c’est la raison d’être de notre Gazette n°126, numéro spécial « Conseil d’école », dans une volonté de clarté cognitive faisant de chacun d’entre nous, un RESPONSABLE de notre destinée collective.

Ce faisant, nous tentons de passer d’un concept de liberté pédagogique individuelle à un concept de responsabilité individuelle et collective !

Un changement de posture pas si facile et pas si anodin qu’il n’y paraît !

[1] Conseil participatif : chaque participant traite d’un sujet touchant à l’école… le directeur anime les débats.

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