Tic Tac

« Le niveau en lecture qui était celui des 10 % les plus faibles en 1997 est, dix ans plus tard, celui de 21 % des élèves. »

Même si ce n’est pas la seule cause – les baisses de résultats ont été enregistrées avant le passage à 4 jours la diminution régulière du temps scolaire y a-t-il contribué ?

Une journée complète perdue par semaine travaillée en 40 ans… et bien plus si on remonte dans le temps.

Un peu d’histoire


Sources : un article du SGEN trouvé sur le Web

Avant 1882 : semaine de 6 jours ;

De 1882 à 1966 : passage à 5 jours (30 heures par semaine) et augmentation des vacances scolaires (passage de 223 à 180 jours d’école)

De 1966 à 1969 : passage à 4,5 jours pour les élèves et… on reste à 5 jours pour les enseignants ! Samedi après-midi dédié au travail en équipe (Si, si 😉

1969 – 1989 : la semaine scolaire est organisée sur 4,5 jours. Le nombre de jours travaillés est de 180.

1972 : On remplace le jeudi par le mercredi !

1989 – 2008 : la semaine scolaire est organisée sur 4,5 jours pour les élèves, sur la base d’une moyenne de 26 heures hebdomadaires. C’est la mise en place des samedis libérés. Le nombre de jours travaillés est de 180. Le temps de service des enseignants est de 27 heures ; le temps d’enseignement passe à 26 heures : une heure dans leur service est prévue pour les réunions de concertation, les conseils d’école et les animations pédagogiques.

Les collectivités peuvent mettre en place un calendrier dérogatoire.

2008 – 2013 (ou 2014) : la semaine scolaire est organisée sur 4 jours pour les élèves.

Le nombre de jours travaillé est de 144.

Vous connaissez la suite …

Au moment où l’on mesure une baisse des résultats, on passe donc, en 2008, de 4,5 jours  d’école à 4 jours , en diminuant de surcroît le temps utile, efficace… une matinée !

Curieuse démarche !

Yes, yes… faire moins et mieux, cibler l’essentiel, évacuer l’inutile ! Encore faut-il savoir comment faire mieux et s’entendre sur l’essentiel !

La baisse des résultats trouve peut-être dans la diminution régulière du temps scolaire l’une de ses causes ! Pas la seule of course:  malaises profonds de notre société,  rapport au savoir, problèmes pédagogiques, …  ?

Comment adapter un enseignement aux élèves d’aujourd’hui ?

En revenant aux méthodes du passé pour les uns, en innovant pour les autres !  Conflits éternels !

Moins d’école, plus de contenus à enseigner, moins de temps pour chaque enseignement, … Ça c’est structurel !

Mais au fait ?

Combien d’heures utiles en une journée si on enlève les déplacements ? Combien de temps perdus ? Les remontées en classe, les transports pour aller à la piscine, à la patinoire, au gymnase, etc …

Ne retenons que les remontées en classe ! Dix minutes en moyenne pour que les élèves se regroupent dans la cour à la sonnerie, remontent, s’installent et commencent ! C’est une estimation moyenne , étroitement dépendante de la taille des écoles, des implantations matérielles et des conditions météo !

Pour nous, grande école à étages, c’est peut-être une estimation basse ! Faudrait chronométrer 😉

20 + 10 x 3 x 4 = 140

2h20 perdues par semaine dans une école qui respecte scrupuleusement les sonneries.

140 x 36 X 5 = 25 200

En 5 ans,  vingt-cinq-mille-deux-cents minutes perdues = 420 heures = 17,5 semaines de classe  = une demi-année sur 5 ans !

Bon, on n’y peut rien… faut bien remonter dans les classes !

Mais si on ajoute les temps de déplacement pour le gymnase, la piscine, la patinoire, …

Ça devient vertigineux ! Non ?

Et si on réfléchissait  à ce paramètre structurel, certes éloigné de la pédagogie ?

Et si, et si ?

Et si on travaillait sur ces temps d’accueil , histoire de diminuer ces temps perdus qui ont toujours existé ?

Travailler sur ces temps qui ne sont pas les plus « zen » , c’est aussi, peut-être , rechercher des bénéfices en termes d’attention, de rythme, de confort pour les enseignants …

Et si on réfléchissait sans tabou sur ces temps d’accueil ? Dans un esprit gagnant-gagnant, comme toujours ? C’est en tous les cas une proposition d’une collègue de l’école!

Et si on accueillait les élèves directement dans leur classe ?

Vous en avez fait l’expérience, dites-nous ce que vous en pensez !

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3 réflexions au sujet de « Tic Tac »

  1. leconteclaire@wanadoo.fr

    Professeur émérite de psychologie de l’éducation – Lille 3 Laboratoire Psitec Chargée de mission Éducation de l’AEPU Membre de la commission éducation FFPP DDEN École Jenner Lille Hellemmes (33) 6 81 24 57 37 03 62 52 14 57 http://www.claireleconte.com

    Envoyé de mon iPad

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  2. Caroline Cristin

    Bonjour,
    2 expériences d’accueil dans les classes dans 2 écoles différentes. Bilan très positif! au départ des réticences liées au fait de faire du « travail » en plus (fin des services répartis entre nous). Maintenant (au bout de 3 ans- au départ, les seuls les volontaires) à la fin de la pause méridienne, nous faisons tous un accueil dit « échelonné » dans les classes dans les 10 minutes qui précèdent le temps de travail. Un signal visuel signale la possibilité d’entrer en classe, pas de sonnerie, pas de mouvement de foule…(école à 420 élèves…). Les enseignants sont dans les classes, les élèves ont la possibilité de ne rien faire, de lire, de faire une activité calme et peuvent corriger, finir un travail s’il en ont envie… ce qui importe, c’est de respecter le calme. A 14h, tous les élèves doivent être en classe. Ce qui permet cet accueil échelonné: je suis de service à la porte (directrice déchargée d’enseignement) pour assurer l’entrée des élèves externes qui eux doivent aller dans les classes sans passer dans la cour., les personnels de l’ALAE sont en poste jusqu’à 14h (sans en être responsables), sont postés dans les couloirs pour assurer la circulation des élèves et dans la cour pour garantir la sécurité de ceux qui restent jusqu’au bout du temps (mais, c’est sous responsabilité de l’école). Certains élèves ont pour consigne de rentrer en classe dès le signal visuel (élèves qui génèrent des conflits (Cf ceintures de comportement), qui ont besoin de repos…). Bref, bénéfice pour les élèves et les maîtres, tout le monde est plus calme, prêts à travailler plus tôt après 14h, quand il fait froid ou qu’il pleut… ce temps -là, était un pic de fatigue donc d’accidents scolaires -car seul moment où les 40 élèves étaient réunis-… y a en plus! Les CP sont conduits en classe un peu plus tôt encore pour un temps calme en classe, pas d’accueil échelonné.
    Dans la première école, nous faisions aussi l’accueil le matin dans les classes, avec possibilité pour les parents d’aller jusqu’en classe dire un mot à l’instit (rare en fait! ). Alors directrice non déchargée, nous faisons un tour de rôle pour assurer la surveillance de l’entrée de l’école, un professeur se chargeait de la gestion de 2 classes mitoyennes et tous les élèves rejoignaient leur classe 10 minutes avant sans arrivée échelonnée et tous avaient un temps calme (un temps de repos après le repas était même organisé dans une salle dédiée pour les CP et les CE1 qui le souhaitaient).
    En espérant avoir apporté de l’aide et de la conviction sur la nécessité de penser les temps de transition et de les adapter aux besoins des élèves (et des adultes..), j’en profite pour vous remercier de ce blog! quel travail et quelle richesse!
    Bertillonnne

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